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Dan Leung on Falling In and Out of Love with Skating


Salut, c’est Taji, des bureaux de VICE
à Brooklyn, New York. Nos amis de VICE Chine
ont rencontré Dan Leung, un skateur pro de Shanghai,
pour un épisode de leur série Skater’s Diary. Restez à l’écoute. Quand j’étais petit,
j’étais le plus jeune des skateurs. Même ado, j’étais meilleur que les autres. Quand je faisais des tricks,
ils m’appelaient “Little Dick”. “Putain, il est doué
ce Little Dick.” Et je m’appelle Dan. Donc c’est devenu “Dick Dan.”
[Dan signifie « couilles » en chinois] Je m’appelle Dan Leung. Je vis à Shanghai. Il est mort. Combien ?
Combien, salope ? Putain ! Depuis combien de temps je skate ? 16 ans. Fuck le skate ! Ça fait longtemps que je skate. J’ai plus rien à dire. Si tu aimes ça, alors va skater. Si tu es doué, tu es doué. C’est comme tout. Si tu es à fond,
si tu veux apprendre, tu peux le faire, sûr et certain. Plus jeune, je voulais
faire un truc qui me plaît. Pas un truc qui me branche pas. J’ai toujours gardé ça en tête. Mon nom chinois est
Gao Wei Leung. Ma calligraphie n’est pas terrible. Vers 9 ou 10 ans,
en arrivant en Chine avec mes parents, je ne connaissais personne. Je vivais rue Hongmei. Je suis allé à Carrefour avec ma mère
et elle m’a acheté une planche. Je skatais en bas de chez moi. Je faisais que rouler,
j’y connaissais rien. J’avais jamais vu de vidéos, rien. Je skatais seul,
j’avais rien d’autre à faire. “Avenue and Son.” Shanghai. Bienvenue dans le ghetto. Je vais d’abord passer
à la boutique Taobao, voir ce qui s’y passe. Des livraisons. Je suis au bureau tous les jours
avec Stephen, Boss Xie, Jeremy Hu. Il y a beaucoup de passage. J’aimerais pouvoir
faire des trucs comme ça. Comme surélever les sols. Putain. On vient de trouver 1000 yuan par terre. Quand j’étais petit je rêvais de devenir skateur pro. Je regardais des vidéos. Des pros comme Eric Koston. J’ai commencé à penser à l’Amérique. À vivre à L.A.
devenir un vrai pro. Un skateshop a ouvert à Shanghai,
le Kinetix. J’y allais tous les jours
et je demandais au patron : “Quand est-ce que tu vas me sponsoriser ?”
en déconnant. Puis un jour, il m’a sponsorisé. Puis j’ai rencontré Raph et Qiu Li
à Hu Zhou lors d’un contest. Raph avait plusieurs planches. Pour rigoler, je lui ai dit
de m’en donner une. Après le skateshop, c’est People’s Skateboards
qui m’a sponsorisé. Ok, je vais essayer un FS 5-0. Je risque de me foirer. Nosegrind revert. Half cab flip. C’est notre Love Park, version Shanghai. Tout le monde se retrouve ici. Si tu te réveilles
et que tu veux faire du skate, pas besoin d’appeler qui que ce soit. Tu viens au LP,
et tu vas trouver du monde qui skate. Sûr à 100%. Là-bas… Ils l’ont enlevé, mais avant,
il y avait une espèce de grand cercle. On peux le voir sur les vieilles vidéos. Trois marches qu’on pouvait utiliser
pour faire un manual ou comme ledge. C’était un peu long. Et c’était comme en marbre.
Ouais, c’était du marbre. Et voilà un triple set. Je n’ai jamais été
au Love Park en Amérique, mais je connais des gens
qui y sont allés. Ils ont tous dit
que c’était vraiment ressemblant. Tous les amis s’y retrouvent. Nouveau trick. Je crois qu’on va tourner ça
avec Chris ce soir. Ça avait l’air cool. Ça va gros ? Tranquille, mec.
Tranquille. À l’époque, les skateurs
n’avaient pas trop d’opportunités. Tu pouvais être skateur pro
mais c’était un peu la merde. Tu vois, il n’y avait pas de grosses compagnies,
c’était très local. C’était simple. Ils faisaient de toi un pro. Comme on était tous potes, pas de contrat,
pas d’argent non plus. Donne-moi deux planches et c’est bon. On va réessayer. Oh mon Dieu. Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? J’arrive pas à faire
un simple trick de flat. Ça tape en plein dans le téton. C’est peut-être
parce que je suis plus vieux, mais je pense plus à d’autres trucs. Aux femmes et compagnie. J’ai lâché le skate
pendant environ 3 ans. Je suis rentré à Guangzhou
parce que mes parents habitent là-bas. Ils m’ont trouvé un boulot dans une école. J’ai travaillé pendant 9 mois. De 9 à 17 heures. C’est la première fois
que je travaillais comme ça. J’ai économisé un peu
et je suis parti aux Philippines. J’y ai passé 3 ou 4 mois. Je devenais fou. Je passais mes journées chez moi
à faire de la musique. Je sortais jamais. Parce que je connaissais personne là-bas. Quand je faisais de la musique
ou que je glandais, j’avais envie de faire un kickflip. Vraiment tout le temps. Je ne pouvais plus rester aux Philippines et je ne voulais pas
retourner à Guangzhou. Alors je suis revenu à Pékin. En rentrant, j’ai eu le sentiment qu’il ne me restait
rien d’autre que le skate. Au moins, j’étais heureux. En faisant du skate. Comment as-tu rencontré Dan ? Grâce à la compagnie. Par le biais de Qiu Li. On sortait tous ensemble.
Même si je ne skate pas. À l’époque,
Dan faisait des beats. Il avait emprunté un MPC de Soulspeak
et commençait à faire des beats. Beaucoup de beats. J’ai enregistré des morceaux de Wei Jia
en utilisant ses beats. Je crois qu’il veut trouver un truc qu’il aime faire
en dehors du skate pour voir s’il peut être
aussi bon que dans le skate. Je peux apprendre beaucoup de lui
et il peut apprendre un peu de moi, alors allons-y. Beaucoup de musiques que j’adore
sont sur des vidéos de skate. J’adore la musique, mais j’en écoute pas pendant que je skate. Parce que j’aime entendre
le son de la planche. Je crois que Shanghai
est le L.A. chinois. C’est pour ça que
je suis revenu à Shanghai. Pour pouvoir devenir un skateur pro, Shanghai était sans doute le meilleur endroit où aller. Parce que toutes les compagnies sont ici. Mes amis sont ici. C’est motivant, tu comprends. C’est une belle journée,
il y a du monde sur un nouveau spot. D’habitude, il n’y a pas
autant de monde ici. Les nouveaux spots n’attirent pas
autant de monde parce qu’il n’y a pas de garantie. Et quand tu es là, tu risques
de te faire jeter par la sécurité. Ça peut arriver. Aujourd’hui, c’est cool.
Tout le monde est là. Ça roule. Pas de sécurité. Nouveau spot, nouveau ledge. C’est cool. Super. Derrière moi, il y a différentes personnes. Des gens viennent du monde entier. Les skateurs pros chinois
sont vraiment bons aujourd’hui. Certains sont très bons. Beaucoup de compagnies sont déjà là.
On peut tous partir en tournée. C’était mon rêve de gosse. Mais en Chine, il y a
pas mal de skateurs. Ils ont toujours été là. Ça ne change pas. De nouveaux skateurs arrivent,
mais c’est pas assez. Pourquoi y avait-il
plus de skateurs avant ? C’est vraiment bizarre. Notre génération ne peut pas
être la dernière, pas vrai ? Participer aux contests, c’est inutile. Je crois que certains
viennent juste pour l’argent. Mais on ne peut pas
compter uniquement sur les contests. Si tu fais toujours des contests, tu crois que des nouveaux
peuvent émerger ? Je crois que faire une vidéo est plus important que les contests.
En plus, c’est intéressant. C’est comme ça aux États-Unis. Tu regardes une vidéo
et tu vois ce qu’ils ont fait sur un spot. Tous les gamins veulent aller
sur ce spot et faire de meilleurs tricks. Mieux que les pros. Si tu es meilleur, tu peux être un pro. Ils réfléchissent comme ça. Ici, les gens ne le voient pas comme ça. Donc le plus important,
c’est de faire des vidéos. C’est mon avis. On pouvait avoir ce sentiment
à Pékin il y a 10 ans. Ouais, je pensais la même chose. Avant, Pékin était comme ça. C’est pour ça que Shanghai est géniale. On peut encore ressentir ça. Si tu cherches ce sentiment,
tu peux le trouver ici. Vraiment. C’est pour ça qu’on fait du MIC. On peut devenir
Transworld ou Thrasher. On peut emmener différents skateurs
dans une ville, et faire une tournée,
filmer une vidéo. Peu importe
pour qui ils roulent. Sérieux, on s’en fout. Les skateurs du monde entier
sont amis. Je suis allé à Barcelone, sur un célèbre spot local, le Macba. J’y suis allé tout seul, et en partant, je m’étais fait
une dizaine de nouveaux amis. Le skate n’est pas un sport,
c’est une culture. C’est notre culture. On n’a rien d’autre. Sérieusement. J’ai commencé le skate
en arrivant en Chine. Ma vie a commencé
avec le skate. Le truc, c’est que je continue. Je continue de skater. Et à chaque fois, c’est comme avant. C’est toujours cool. Tu te sens bien. Parce que tu sais
que tu fais ce que tu veux. Tu comprends. C’est notre boulot. Et c’est le boulot qu’on aime. C’est vraiment… une chance. [TRADUCTION : STEPHEN SANCHEZ]

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